Audition de Monsieur Bruno le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, en commission des Affaires étrangères

Notre commission des Affaires étrangères a auditionné, ce mardi 28 janvier 2020, le ministre de l’Economie et des Finances Bruno le Maire. Nous avons pu, à cette occasion, échanger avec lui à propos des sujets économiques internationaux et des principaux enjeux que réserve l’année 2020 en la matière. 

 

Nos échanges se sont concentrés sur 4 sujets

  • La question de l’extraterritorialité des lois, américaines en particulier, et de leur application aux entreprises européennes. Une problématique cruciale, tant pour la libre concurrence dont doivent pouvoir bénéficier face aux entreprises américaines que pour le respect de notre souveraineté politique
  • La taxation des bénéfices des entreprises du numérique, au cœur des négociations actuelles entre les Etats-Unis et la France, et pour laquelle une réponse coordonnée à l’échelle européenne est indispensable. 
  • La réforme de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), actuellement paralysée du fait des multiples questions sur lesquelles aucun consensus ne se dégage entre les Etats membres. 
  • Les tensions commerciales entre les Etats-Unis et l’Union européenne, notamment dans le cadre du conflit opposant Airbus à Boeing, et les risques que font peser ces tensions sur le commerce international. 

 

J‘ai eu l’honneur de représenter mes collègues députés LaREM lors de cette audition. J’ai souhaité, lors de mon intervention, mettre l’accent sur les risques qui pèsent sur le multilatéralisme dans le cadre de l’OMC. En effet, face à la paralysie de son organe d’appel permettant de régler les différends commerciaux entre les Etats, l’Union européenne a proposer de mettre en place un mécanisme d’appel temporaire, qui ne s’appliquerait qu’aux Etats volontaires. Cette proposition, illustration du poids que peut peser l’Union européenne dans ces instances internationales, présente le mérite de contourner le refus de certains Etats de faire vivre l’OMC et le règlement pacifique des conflits commerciaux. Elle présente toutefois certains risques : que se passerait-il si, à défaut de réforme de l’OMC, cet organe temporaire venait à se pérenniser ? Ne deviendrait-il pas le symbole d’une OMC à deux vitesses, ne faisant qu’affaiblir le multilatéralisme au lieu de le renforcer ? J’ai donc souhaité recueillir l’avis du ministre sur ces différents points. 

 

Vous trouverez ci dessous l’intégralité de mon intervention, ainsi que la réponse du ministre à mes questions. 

 

Mon intervention : 

 

La réponse de Bruno le Maire : 

 

Visite d’Etat du Président de la République en Chine – Novembre 2019

Visite d’Etat du Président de la République en Chine – Novembre 2019

 

Pour la deuxième fois depuis le début du quinquennat, le Président de la République Emmanuel Macron a effectué, du 3 au 6 novembre, une visite d’Etat en Chine. Une visite placée sous le signe du renforcement de l’amitié franco-chinoise, marquée par un dialogue franc et soutenu avec le Président chinois Xi Jinping, et qui aura abouti à de nombreux accords de coopération.

En ma qualité de Président du Groupe d’amitié France-Chine de l’Assemblée nationale, j’ai eu l’honneur d’accompagner le Président de la République et de participer à ces trois jours d’échanges, à Shanghai et à Pékin. En voici les principaux enjeux et résultats.

Le renforcement des relations franco-chinoises dans le cadre d’une approche européenne unie

Dès son élection, le Président de la République a fait de la relation entre la France et la Chine l’un des piliers de sa politique étrangère. Lors de sa première visite en janvier 2018, il avait exposé sa vision de nos relations bilatérales, et une feuille de route conjointe avait pu être établie avec nos partenaires chinois.

Alors que la France et la Chine ont fêté en 2019 le 55ème anniversaire de leurs relations diplomatiques, cette seconde visite a été l’occasion d’approfondir ces coopérations, notamment dans les domaines diplomatiques, économiques, culturels et environnementaux. Elle a également permis de concrétiser un peu plus encore l’ambition des pays européens de développer une approche unie dans leur dialogue avec la Chine, comme en témoigne la présence aux côtés d’Emmanuel Macron de Phil Hogan, commissaire européen à l’Agriculture, et de Anja Karliczek, ministre de l’Éducation allemande.

L’enjeu pour la France lors de cette visite d’Etat était notamment :

  • De porter un message de défense du multilatéralisme et d’approfondir nos relations commerciales, sur une base d’équilibre et de réciprocité.
  • D’afficher l’unité européenne dans le dialogue avec notre partenaire chinois.
  • De renforcer davantage encore notre partenariat culturel.

 

Les moments forts de la visite

La visite s’est déroulée en deux temps, d’abord à Shanghai puis à Pékin. 

A Shanghai, Emmanuel Macron s’est d’abord rendu à la Foire des importations, grand rendez-vous dont la France était cette année l’un des invités d’honneur, avec 70 entreprises tricolores présentes. L’occasion de faire la démonstration de l’excellence des producteurs français, notamment dans le secteur de l’agroalimentaire. Le Président a ensuite inauguré, mardi 5, le Centre Pompidou de Shanghai, première antenne du musée parisien à voir le jour hors d’Europe.

Des entretiens plus formels se sont enfin tenus à Pékin, mercredi 6, avec Xi Jinping. L’occasion d’aborder concrètement les grands volets de nos partenariats bilatéraux ainsi que d’avancer sur un agenda euro-chinois pour le climat et la biodiversité.

 

Les principales avancées permises par cette visite

Cette visite en Chine a permis de nombreuses avancées pour la France et l’Europe, tant du point de vue diplomatique qu’économique, culturel et scientifique.

Sur le plan politique, Emmanuel Macron et Xi Jinping ont notamment réaffirmé leur attachement commun au multilatéralisme ainsi qu’à ses instances, au premier rang desquelles l’ONU et l’OMC. Ils ont en outre rappelé, lors de « l’Appel de Pékin« , leur soutien aux Accords de Paris de 2015 sur le climat, et créé les conditions propices à la réussite de la COP15 sur la biodiversité, qui se tiendra en Chine fin 2020.

Sur le plan économique, de nombreux contrats ont été signés, pour un total de 13,6 milliards d’euros, principalement dans les domaines de l’agriculture, de l’aéronautique, de l’énergie et de l’environnement. Des avancés majeures ont été actées, telles que :

  • La signature d’un accord UE – Chine protégeant les indications géographiques protégées (IGP) pour 200 produits, dont 26 produits français (essentiellement des vins, spiritueux et fromages).
  • L’agrément de 20 entreprises agroalimentaires françaises, qui seront rapidement suivies de 40 autres, permettant à nos producteurs d’exporter jusqu’à 400 000 tonnes de bœuf par an en Chine.
  • La signature d’un accord sur le zonage de la production française de porc, permettant ainsi de sécuriser les exportations de cette filière vers la Chine.
  • La création d’une coopération entre Engie et une entreprise chinoise pour des investissements dans les énergies nouvelles d’un montant de 1,3 milliard d’euros.

Les discussions entre nos deux pays ont en outre progressé en vue de la construction par Orano d’une usine de recyclage de combustible nucléaire usagé en Chine, dont le montant est évalué à plus de 20 milliards d’euros.

 

Conclusion : une relation à cultiver au quotidien

Cette seconde visite d’Etat en Chine, huit mois après la venue de Xi Jinping en France, a donc été particulièrement fructueuse. Elle aura permis de confirmer la grande qualité du dialogue entre la France et la Chine, ainsi que notre capacité à avancer ensemble sur les nombreux enjeux de nos relations bilatérales. Elle aura enfin permis à l’Union européenne de concrétiser un peu plus encore sa volonté de parler d’une seule voix avec la Chine, et ainsi d’être en mesure de négocier d’égal à égal avec ce partenaire incontournable de nos relations internationales.

Mais le dialogue franco-chinois se doit d’être incessant, même si les moments tels que cette visite d’Etat en constituent les temps forts. C’est tout le sens que je donne au Groupe d’amitié France-Chine de l’Assemblée nationale : maintenir une diplomatie parlementaire soutenue avec nos homologues chinois, basée sur la franchise et la confiance, afin de continuer à construire l’amitié et la coopération franco-chinoise

 

Présentation de mon rapport sur le commerce extérieur de la France en séance publique

Bonjour à toutes et à tous,

Je suis Buon Tan, député de Paris, et je suis rapporteur pour avis sur le volet « commerce extérieur » du budget 2020.

Le commerce extérieur, c’est simplement l’ensemble des échanges entre la France et le reste du monde. Même si les résultats de notre commerce extérieur ne sont pas encore parfaits, on observe une certaine embellie depuis 2017.

Notre déficit commercial, qui correspond à la différence entre l’ensemble de nos exportations et de nos importations de biens ne s’aggrave plus. Au contraire, il se stabilise et s’améliore même puisque sur l’année 2018-2019, il a baissé de 5 milliards d’euros.

  • Pour autant, la dégradation de l’environnement international crée un climat inquiétant pour notre commerce extérieur :

La récession de l’Allemagne, le Brexit, la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis ou encore les taxes américaines sur les produits européens sont autant de menaces qui pèsent sur notre économie. Et cela doit nous pousser à rechercher de nouveaux relais de croissances et à développer de nouveaux partenariats à l’international avec des régions où la croissance est forte, comme l’Europe centrale, l’Afrique ou l’Asie du Sud-Est.

  • Pour renforcer nos exportations, le Gouvernement a engagé des réformes dès 2018, avec la création du fameux Guichet Unique.

Celui qui permet à toute entreprise souhaitant exporter d’être conseillée et accompagnée dans ses démarches et son financement. C’est la Team France Export.

Mais il reste encore beaucoup à faire. Cette a

nnée je propose dans mon rapport :

  1. Créer à l’étranger des Maisons de la France pour valoriser nos produits et la marque France ;
  2. Recruter et accompagner plus d’entreprises novices à l’export pour attendre l’objectif des 200 000 entreprises exportatrices ;
  3. Nomme un ministre du commerce extérieur avec un budget dédié, indispensable pour un secteur qui représente 1/5 de notre PIB.

Ce ne sont que 3 de mes nombreuses propositions que je vous invite à parcourir mon rapport. Ensemble, faisons de la France un champion de l’export !

Pour plus d’informations, je vous invite à lire mon rapport en intégralité en cliquant ici
Vous pouvez également revoir la présentation de mon rapport en hémicycle en cliquant ici

Rencontre avec Son Excellence Lu Shaye, ambassadeur de Chine en France

Hier soir, le groupe d’amitié France-Chine recevait pour la première fois le nouvel ambassadeur de Chine en France, Son Excellence Lu Shaye, arrivé en poste depuis maintenant trois mois. Certains députés du groupe d’amitié avaient déjà eu l’occasion de le rencontrer, lors de la dernière réunion de la Grande Commission France-Chine en juillet dernier à Pékin.

Cette première rencontre entre l’ambassadeur et les députés a été l’occasion d’aborder de nombreux sujets et problématiques. Nous avons discuté de thématiques communes à nos deux pays, comme la culture et l’économie, qui témoignent de la nécessité pour nos deux pays de travailler en bonne intelligence.

Nous avons également évoqué des sujets plus délicats sans tabou, comme la situation à Hong Kong ou le respect des droits de l’Homme.

Cette rencontre a été un franc succès, et c’est avec grand plaisir que nous recevrons de nouveau Monsieur Lu Shaye à l’Assemblée nationale. La diplomatie parlementaire a toujours été riche et vivante entre la France et la Chine, et je souhaite que cela continue à l’avenir.