Mission d’information sur l’émergence et l’évolution des différentes formes de racisme

La Mission d’information sur l’émergence et l’évolution des différentes formes de racisme et les réponses à y apporter avait été créée à la fin de l’année 2019, mais en raison notamment de la crise du coronavirus, ses travaux n’avaient pas encore débuté. Les 22 Députés membres de cette MI se sont donc retrouvés le 24 juin pour une réunion constitutive, au cours de laquelle j’ai été désigné secrétaire. 

En effet comme l’actualité ne cesse de le démontrer, les multiples phénomènes de racisme continuent de proliférer. Cette MI aura donc vocation à évaluer les politiques de lutte contre le racisme afin de proposer des pistes d’améliorations pour les rendre plus efficaces et plus adaptées à notre société. Afin d’appréhender au mieux l’évolution des formes de racisme, notre mission d’information a décidé de mener plusieurs séries d’audition, dont la première a débuté hier après-midi.

Durant tout le mois de juillet, nous allons nous concentrer sur le volet universitaire, et rencontrer des historiens, des sociologues, des politologues ou encore des démographes. En effet, débuter ces auditions en nous appuyons sur la vision universitaire va nous permettre dans un premier temps de mieux cadrer notre sujet et surtout de délimiter le champ d’étude de notre mission, qui s’avère très vaste.

La première audition qui a eu lieu le 30 juin était une table-ronde réunissant deux historiens spécialistes des questions liées au racisme :

  • M. Frédéric Régent, historien, maître de conférences à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, membre du conseil scientifique de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH), ancien président du Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage ;
  • M. Benjamin Stora, historien, professeur émérite des universités, ancien président du conseil d’orientation du musée national de l’histoire de l’immigration.

Nous avons commencé par évoquer avec eux l’articulation entre esclavage et racisme, en revenant sur l’apparition du terme « race » dans le langage commun et sur l’évolution de sa signification. Nous sommes ensuite revenus sur le manque d’enseignement de l’Histoire coloniale, qui crée une méconnaissance générale de cette période. Nous avons également abordé les enjeux de l’Histoire à l’ère du règne des réseaux sociaux, ou encore le phénomène de fracture mémorielle auquel nous faisons face en ce moment.

Je suis intervenu au cours de cette audition afin d’interroger ces spécialistes sur plusieurs points :

  • Je leur ai demandé s’il existait une forme d’auto-censure de la part des minorités ethniques, ou si on leur avait imposé un véritable plafond de verre.
  • J’ai souhaité connaître leur position en tant qu’historiens sur les statistiques ethniques.
  • Je les ai interrogé sur leur liberté en tant qu’historiens d’évoquer des choses non inscrites dans les manuels.
  • Enfin, j’ai souhaité savoir comment ils percevaient le fait que des pans entiers de l’Histoire soient oubliés. Je pense par exemple à ce qu’il s’est passé lors des commémorations du centenaire de la fin de la Première Guerre Mondiale, quand Emmanuel Macron a pour la première fois remercié les 140 000 travailleurs chinois venus renforcer l’effort de guerre. Toute cette partie de l’Histoire a été oubliée, et déterrée par le professeur de la Réunion Monsieur Li, qui a commencé à travailler sur ce sujet il y a 20 ans. Les familles et descendants de ces travailleurs ont dû attendre un siècle pour que l’Etat français reconnaisse leur apport à la Guerre. 

J’ai aussi précisé que si toute les formes de racisme m’intéressent, je souhaite durant les travaux de cette MI me concentrer davantage sur le racisme anti-asiatique, qui reste un sujet assez peu connu et peu porté médiatiquement.

Vous pouvez revoir mon intervention dans la vidéo ci-dessous : 

 

Je vous invite également à revoir l’intégralité des échanges de cette table-ronde en cliquant ici