Les investissements chinois en France : entre intérêt et méfiance

Les investissements chinois en France : qu’en penser ?

Pour cette nouvelle réunion du groupe d’amitié France-Chine du 24 octobre 2018, j’ai tenu à aborder un sujet important mais sensible : les investissements chinois en France. La Chine manifeste un appétit évident pour la France dans de nombreux secteurs : vignobles, hôtellerie, clubs de football, infrastructures, agroalimentaire…
Il n’est d’ailleurs pas rare que ces prises de participation ou ces acquisitions fassent les gros titres, et parfois suscitent des craintes.

Je pense par exemple à l’acquisition du Club Med par le groupe Fosun en 2015, aux investissements du groupe Shandong Ruyi dans le secteur de la mode ou encore à la prise de contrôle très médiatisée de l’aéroport de Toulouse-Blagnac par des actionnaires chinois.

Marginaux il y a encore une dizaine d’années, les investissements chinois en France ont connu ces derniers temps une très forte progression, de l’ordre de 30 % entre 2016 et 2017, avec pas moins de 1 300 décisions d’investissement en France. Plus de 33 000 emplois auraient ainsi été maintenus ou créés l’an dernier.

La tenue de cette réunion a visé à éclaircir les raisons qui expliquent cet engouement chinois pour la France tout en abordant le paradoxe sur lequel ces investissements reposent : notre pays souhaite attirer davantage d’investissements chinois mais nous y sommes parfois réticents en raison de leur caractère agressif, de la menace qu’ils font peser sur nos infrastructures stratégiques voire notre souveraineté, et de la délicate question des transferts de technologie.

Comment faire la part des choses ? J’ai tenu, chers collègues, à réunir un panel d’acteurs institutionnels français pour dresser un état des lieux complet et précis de la situation. Permettez-moi de vous présenter nos intervenants :

  • Martin Juillard : directeur-adjoint de la direction des entreprises, de l’économie internationale et de la promotion du tourisme au ministère des affaires étrangères et du développement international
  • Christophe Bories : sous-directeur des relations économiques bilatérales à la Direction générale du Trésor, au ministère de l’économie et des finances
  • Mme Caroline Leboucher directrice de la branche Invest de Business France.

Il appartient au groupe d’amitié France-Chine de se pencher en détail sur la nature et l’évolution des investissements chinois en France, et sur les raisons pour lesquelles ils suscitent à la fois l’intérêt et la méfiance. Il me semble important que les députés, dont beaucoup sont élus de circonscriptions dont le potentiel économique intéresse des investisseurs chinois, se familiarisent avec la situation actuelle des investissements chinois en France, leurs perspectives et les problèmes qu’ils présentent. Au fond, j’ai souhaité que nous fassions la part entre mythe et réalité sur ce sujet.